Samedi 11 Août – Il Trovatore

 A 21h30 – 45€

«Il Trovatore» de Giuseppe Verdi

Château de l’Empéri – Cour Renaissance – 13300 Salon-de-Provence

  • Manrico : Valter BORIN
  • Le Comte de Luna : Clorindo MANZATO
  • Leonora : Mihaela DINU
  • Azucena : Claudia MARCHI
  • Ferrando : Antoine ABELLO
  • Iñez : Léa BECHET
  • Ruiz :  NC
  • Chœur de l’Opéra de Parme, Chef de Chœur : Emiliano ESPOSITO
  • Orchestre Sinfonica « Cantieri d’Arte », Direction musicale : Stefano GIAROLI
  • Mise en scène: Alessandro BRACHETTI

Le contexte

Au mois de mai 1852, après six mois d’absence, Verdi décide de regagner Busseto afin de terminer « Il Trovatore ». Dans le même temps son librettiste Salvatore Cammarano qui avait déjà rédigé une partie du libretto de « Il Trovatore », tombe gravement malade. En juillet le compositeur apprend la mort de son ami et collaborateur, il est très affecté par ce décès et pour aider sa veuve à surmonter sa situation financière précaire, il lui envoie la totalité du cachet convenu pour l’opéra entier, soit 600 ducats.

C’est un jeune compositeur, napolitain comme Cammarano, Leone Emanuele Bardare qui est choisi par Verdi pour finir le libretto laissé inachevé. Pour la première fois, en composant « Il Trovatore » Verdi ne répond pas à une « commande », c’est lui et lui seul qui a décidé d’adapter librement la pièce de Antonio Garcia Guteriez « El Trovador ». Après quelques vicissitudes sur le lieu où serait créé l’opéra, chacun souhaitant accueillir le compositeur qui jouit en 1852 déjà d’une immense popularité, c’est finalement le Teatro Apollo de Rome qui remporte la mise, en acceptant d’engager les interprètes que souhaitait Verdi, un contrat est établi entre le compositeur et l’Apollo de Rome.

La fin du livret écrit par Bardare et maintes fois remanié sur les instructions du musicien, et ne lui parvient qu’en octobre 1852, ce qui lui laisse très peu de temps pour terminer l’orchestration de son chef-d’œuvre, puisqu’il doit diriger les répétitions à l’Opéra de Rome à partir de décembre de la même année. Heureusement ces retards et précipitations n’affecteront pas la qualité lumineuse de sa musique, probablement la plus romantique de ses 28 opéras. Les romains font une ovation à l’ouvrage le soir du 19 janvier 1853, date de la création, c’est l’enthousiasme général qui va très rapidement gagner l’Italie entière, puis les grandes capitales européennes.

Au Covent Garden de Londres, au Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg, le succès est considérable, c’est encore un triomphe au  Théâtre des Italiens de Paris où l’ouvrage est créé le 26 décembre 1854. Ce triomphe est tel que le Directeur de l’Opéra de Paris propose à Verdi d’écrire spécialement pour Paris une version française avec grand ballet. Verdi accepte, la première de cette version, aujourd’hui abandonnée, a lieu à la Salle Pelletier le 28 septembre 1856, et enfin la version originale en italien est donné dans le même Opéra de Paris, rue Le Pelletier le 12 janvier 1857.

« Il Trovatore » appartient à ce qu’il convenu d’appeler « la trilogie » verdienne : « Rigoletto » (1851), « Il Trovatore » et « La Traviata » (1853). Notons le génie de Giuseppe Verdi qui après avoir écrit deux ans auparavant, le sublime « Rigoletto » emprunté à Victor Hugo, réussi à mener de front les deux opéras les plus célèbres de sa production et parmi les plus joués au monde encore aujourd’hui.

Entre « Il Trovatore » créé le 19 janvier 1853 à Rome, « La Traviata » créée le 6 mars de la même année au Théâtre La Fenice de Venise, 46 jours les séparent.

Viva Verdi !

Le synopsis

 

Acte I – Le Duel

Scène I – Palais d’Alliaferia en Biscaye

Dans l’atrium du palais, les familiers et les armuriers du Comte de Luna attendent le retour de leur jeune gentilhomme. Le Comte est amoureux de Léonora, la dame de la reine, et passe la plus grande partie de la nuit à regarder la maison de la jeune femme, inquiète qu’elle cède à la cour de son redouté rival: Il Trovatore. Ferrando, capitaine des gardes, raconte l’histoire ténébreuse d’une gitane, condamnée au bucher pour sorcellerie et de sa fille Azucena qui, pour venger sa mère, a enlevé l’un des deux fils du vieux Comte de Luna. Le noble Seigneur meurt accablé par le chagrin quand il apprend que Azucena a jeté son fils qu’elle a enlevé, dans le même bucher que sa mère. L’histoire est effrayante, Azucena dont les traces ont été perdues, est maudite, tandis que le fantôme de la vieille gitane, mère de Azucena hante encore le château, où elle apparaît à minuit terrorisant les domestiques.

Scène II – Jardins du palais.  

Leonora, confie à son amie Inès, son amour pour un troubadour, chevalier inconnu, vainqueur de tournois, qui entonne pour elle, ses chansons envoûtantes dans le silence de la nuit. Quand les deux femmes reviennent, le Comte de Luna s’avance, déterminé à parler à Leonora pour lui dire son amour, mais le son de la voix du Trouvère et de son luth le font trembler, il se fige. Consommé par la jalousie, le Comte tente toutefois d’attirer celle qu’il aime dans un piège: il se cache dans son manteau et attend. Leonora descend au jardin attirée par la musique, elle confond le troubadour avec le Comte qu’elle embrasse en lui déclarant, bien sûr par erreur, son amour. Il Trovatore assiste abasourdi à la scène et accuse Leonora d’infidélité, clarifiant le malentendu elle se jette à ses pieds lui confirmant ainsi son affection et son amour. Ivre de colère, le Comte contraint son rival à déclarer son identité: il est Manrico, un partisan de son opposant le Comte Urgel; le Comte, dédaigneux, défie en duel Manrico, ils croisent le fer, tandis que Leonora s’évanouit.

Au cours du duel, le Comte est blessé, mais son rival lui épargne la vie.

 

Acte II – La Gitane

Scène I – Un camp gitan dans les montagnes de Biscaye

Manrico est en compagnie d’Azucena, dont il croit être le fils, tandis qu’elle lui raconte comment sa mère a été accusée, par le vieux Comte arrogant, d’avoir ensorcelé son fils et comment la pauvre femme fut enchaînée. Elle raconte ensuite comment elle avait suivi sa mère en pleurant lorsque cette dernière a été amenée au bûcher en disant à sa fille comme derniers mots: “Venge-moi”. Manrico lui demande si elle a vengé sa mère, Azucena lui réplique que prise d’une cruelle pulsion, elle a kidnappé le fils du Comte pour le jeter dans le bûcher. Cependant, dans la précipitation, la colère et l’hallucination, Azucena réalise qu’elle avait  jeté dans le bûcher son propre enfant et non celui du Comte! Azucena est bouleversé, Manrico son fils est horrifié par cette histoire et se demande qui est-il, s’il n’est pas son fils? Il se demande aussi pourquoi il a épargné le Comte de Luna lors de leur duel.  Azucena l’assure être sa mère, elle lui explique que le souvenir de cet horrible feu l’a amenée à dire des mots insensés, en conséquence elle l’exhorte Manrico à la venger. Pendant ce temps, un messager apporte les nouvelles selon lesquelles Leonora, le considérant mort, est sur le point de rentrer dans les ordres pour échapper aux avances du Comte. Il Trovatore, malgré l’opposition d’Azucena, décide d’aller au couvent pour empêcher Leonora d’entrer au couvent.

Scène II – Nuit, dans un couvent près de la forteresse de Castellor

Le Comte de Luna se rend également au couvent avec ses hommes pour soustraire Leonora de ce cloître. Leonora est sur le point de rejoindre la communauté religieuse, elle réconforte ses dames qui l’accompagnent, tristes de sa décision. Le Comte bloque le passage avec la ferme intention d’enlever Leonora, lors qu’apparait soudainement Manrico. Un affrontement inévitable et sans merci va se produire, quand arrivent des partisans d’Urgel qui désarment le Comte et les siens permettant ainsi à Manrico de s’en aller avec sa bien-aimée.

 

Acte III – Le Fils de la Gitane

Scène I – Camp des troupes royales près de la forteresse de Castellor

Les troupes royales sous le commandement du Comte de Luna, campent près de Castellor conquis par les armées d’Urgel, elles attendent l’arrivée de renforts pour lancer l’attaque. Ferrando, capitaine des gardes, annonce au Comte la capture d’une gitane qui pourrait être une informatrice: c’est Azucena. Interrogée, la femme déclare venir de Biscaye pour retrouver le fils qui l’a abandonnée, mais Ferrando la reconnaît : c’est elle qui enleva l’enfant du père du Comte De Luna. Azucena invoque le sauvetage de Manrico: le Comte est alors heureux d’avoir dans ses mains la meurtrière de son frère.

Scène II – Atrium de la chapelle de Castellor

Manrico et Leonora vont à l’église pour se marier et ainsi réaliser leur rêve. Leonora s’inquiète de l’attaque de l’armée du roi, Manrico sait qu’ils vont être attaqués, mais il la rassure, devenue sa femme, elle se battra à ses cotés avec courage.  Ruiz, le capitaine de Manrico, essoufflé, prévient ce dernier que les hommes de main du Comte, préparent le bûcher pour Azucena. Manrico révèle alors à Leonora que la gitane Azucena est sa mère, il doit, toute affaire cessante, voler à son secours.

 

 

Acte IV – La Torture – Une aile du Palais d’Alliaferia

Scène I – Une aile du Palais d’Alliaferia

Manrico a été capturé, emprisonné dans la tour du Palais d’Alliaferia et condamné à mort. On entend La cloche et la chanson du « Miserere » pour les condamnés à mort. Leonora, à l’extérieur de la Tour, échange avec son bien-aimé, prisonnier à l’intérieur, leurs derniers adieux, puis déterminée à le sauver au prix de sa vie, il s’offre au Comte de Luna en échange de sa liberté. Le Comte, toujours amoureux de Leonora, accepte, il lui permet même d’aller annoncer elle-même la bonne nouvelle de sa grâce à Manrico. Mais discrètement sans que personne ne s’en aperçoive, elle avale le poison qu’elle tenait à l’intérieur de sa bague.

Scène II – La prison à l’intérieur de la Tour au Palais Royal de Biscaye

Dans la prison, Manrico observe Azucena tourmentée, quand Leonora arrive inopinément, elle se jette dans ses bras, lui annonçant sa grâce elle l’incite à fuir. D’abord il se réjouit, puis imagine la compromission de Léonore pour le faire libérer, il jette à terre Leonora et rejette avec mépris la clémence de son rival. Mais le poison prend effet rapidement et Leonora en expliquant à Manrico qu’elle n’a jamais voulu lui être infidèle, meurt en quelques instants.  Alors que Manrico est affligé par la douleur et le remords, le Comte de Luna réalise la supercherie de Leonora pour sauver Manrico, il ordonne à ses sbires d’exécuter immédiatement la sentence de mort de Manrico, forçant Azucena à assister à la torture de son fils depuis la fenêtre de sa cellule. Quand le bourreau décapite le malheureux, la gitane, dans un état quasi hystérique crie au Comte, horrifié : “Il était ton frère, Mère, maintenant tu es vengé!”